logo

Voici quelques informations qui peuvent aider à comprendre certains contextes du spectacle Mauvaises filles ! de Sandrine Lanno.

CEF

« Les Centres Éducatifs fermés (CEF) sont l’une des solutions de placement dont dispose la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) depuis 2002, pour prendre en charge les mineurs en conflit avec la loi qui lui sont confiés. Ils accueillent 10 à 12 mineurs délinquants (délits ou crimes) multirécidivistes de 13 à 18 ans. C’est un dispositif éducatif, alternatif à la détention. Les CEF se caractérisent par une fermeture juridique : le non-respect par le mineur des conditions du placement et des obligations fixées par la décision du magistrat peut entraîner sa mise en détention. La prise en charge repose sur un accompagnement constant du mineur à l’intérieur et à l’extérieur du centre. Le quotidien est structuré sur un rythme intensif comportant un suivi sanitaire et psychologique, des activités d’enseignement et de formation professionnelle qui doivent permettre l’acquisition des savoirs de base (lecture, écriture, gestes professionnels), du sport. Le CEF n’est pas un lieu de détention, mais un lieu de résidence. Il est dit « fermé » car le jeune est obligé d’y résider sous la surveillance permanente des adultes et de respecter les conditions du placement. »

(Source : site du Ministère de la Justice : www.justice.gouv.fr/justice-des-mineurs) 

Les instituts Bons Pasteurs

Dans les années 50 les jeunes filles ont pour vocation de se marier et d’être de bonnes épouses. On veut d’elles qu’elles soient dociles, bien élevées et sages, qu’elles soient capables d’être de bonnes travailleuses, ayant éventuellement un diplôme de sténo-dactylo, voire d’infirmière, ou être de bonnes mères de famille au foyer. Mais les années 50 c’est aussi l’après-guerre et ces jeunes filles qui veulent aller au cinéma, flirter dans l’obscurité des salles, fréquenter les cafés, arpenter la ville, découvrir de nouvelles musiques, danser toute la nuit dans les bals ou les caves, faire l’amour sans forcément être mariées, vivre au jour le jour sans compte à rendre à leurs parents. […] Cependant les familles et la société ne sont pas prêtes à leur laisser tant de liberté, et lorsqu’elles s’écartent un peu trop du « droit » chemin tracé pour elles, elles peuvent vite se retrouver placées dans des institutions disciplinaires d’enfermement. Sur une simple demande, en vertu de la correction paternelle, un père, qui en appelle au juge, peut recourir aux œuvres d’assistance (institutions religieuses, établissements de « réforme »), afin que, conformément au texte de la loi de 1850 qui sera longtemps appliqué à la lettre, ces jeunes filles soient « élevées en commun, sous une discipline sévère et appliquées aux travaux qui conviennent à leur sexe ». Ces jeunes filles […] ont été placées, souvent de façon abusive et pour des raisons futiles, soit dans des Bons Pasteurs – institutions religieuses de redressement, soit dans des Ecoles de préservation pour les jeunes filles – établissements publics laïques pour mineures. […] Le quotidien de ces institutions, qu’elles soient religieuses ou laïques, demeurait celui de l’enfermement, de la violence et de la peur.

Conférence : quelle justice pour les jeune ?

AUTOUR DE MAUVAISES FILLES !

CONFÉRENCE : QUELLE JUSTICE POUR LES JEUNES

4 FÉVRIER DE 14H30 À 16H30

En lien avec les spectacles Mauvaises filles ! et corde. raide qui traitent de la justice et du monde carcéral, la Comédie de Béthune organise une conférence consacrée aux différents lieux d’enfermement pour les mineurs délinquants afin de questionner le sens de la justice et de la peine, appliqué aux jeunes mis sous main de justice.